L’ours blanc et d’autres espèces en péril évalués par un organisme scientifique indépendant du Canada

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) s’est réuni à Yellowknife, Territoires du Nord-Ouest, du 20 au 25 avril 2008.

Un avenir incertain pour l’ours blanc

Le COSEPAC a réévalué l’ours blanc comme espèce « préoccupante ». « L’évaluation de l’ours blanc est l’une des plus difficiles que le COSEPAC ait eu à effectuer », selon le président, M. Jeff Hutchings (Ph.D). D’importants efforts d’inventaire et de recherche, un foisonnement de connaissances des collectivités et de connaissances traditionnelles autochtones ainsi que les menaces émergentes posées par les changements climatiques et le développement du Nord ont été considérés. Dans certaines régions, il semble y avoir une augmentation du nombre d’ours; et dans d’autres régions, il semble y avoir un déclin. La réduction de glace marine, une conséquence des températures à la hausse, représente une menace pour l’espèce, particulièrement dans la partie sud de son aire de répartition. Les pressions futures sur la population signifient que la chasse devra être soigneusement gérée au cours des prochaines années.

Un habitat en diminution : une importante cause du déclin des espèces

La rainette faux-grillon de l’ouest, un messager du printemps, était précédemment évaluée comme étant « non en péril » dans toute son aire de répartition. Elle est maintenant considérée « menacée » au Québec et dans le sud-est de l’Ontario. Cette grenouille de la taille d’une pièce de vingt-cinq sous a subi un déclin rapide en raison de l’exploitation grandissante et de la perte de terres humides.

De façon similaire, la couleuvre fauve de l’Est, d’une longueur équivalent à celle d’une personne moyenne, est « en voie de disparition » en raison de la perte de terres humides et de la fragmentation de l’habitat.

La plus grande buse du Canada, la Buse rouilleuse, a été évaluée comme étant « menacée » en raison de la fragmentation et de la dégradation des prairies indigènes.

Il reste un peu moins de 20 Chouettes tachetées au Canada. Leur déclin est largement causé par la perte de forêts anciennes.

Le nombre d’espèces « en voie de disparition » augmente; certaines sont toujours « en voie de disparition » après 30 ans

La marmotte de l’île de Vancouver endémique a été l’une des premières espèces évaluées par le COSEPAC. Trente ans plus tard, sa population a diminué davantage et demeure à des niveaux dangereusement bas.

Le COSEPAC a évalué une libellule pour la première fois. Le gomphe des rapides « en voie de disparition », qui dépend de cours d’eau propres et à débit rapide, est restreint à deux emplacements dans le sud de l’Ontario, lesquels font l’objet d’une pression croissante de l’exploitation urbaine.

Se comptant autrefois par millions, le troncille pied-de-faon, une moule d’eau douce remarquable, pourrait maintenant disparaître du sud de l’Ontario. Le troncille pied-de-faon a connu une diminution drastique de son nombre d’individus en raison des espèces exotiques envahissantes.

L’augmentation des tempêtes hivernales menace des espèces sur les deux côtes

Un grand nombre de modèles de changements climatiques prévoient une augmentation de l’intensité et de la fréquence des tempêtes hivernales. La léchéa maritime, une plante connue des dunes côtières au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, est vulnérable aux ondes de tempêtes élevées. L’hypogymnie maritime, un lichen qui pousse sur les pins, se trouve seulement sur la pointe méridionale de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Cette espèce est « menacée » par la perte d’arbres hôtes pendant les tempêtes hivernales.

À propos du COSEPAC

Le COSEPAC évalue la situation des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres principales unités de la biodiversité à l’état sauvage considérées comme étant en péril au Canada. Pour ce faire, le COSEPAC se sert de connaissances scientifiques, traditionnelles autochtones, ou des collectivités, lesquelles sont fournies par de nombreux spécialistes provenant des gouvernements, des universités et d’autres organismes. Les sommaires d’évaluations sont actuellement à la disposition du public sur le site Web du COSEPAC et seront transmis à l’automne 2008 au ministre fédéral de l’Environnement pour une considération de l’inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). À compter de cette date, les rapports de situation et les sommaires du statut seront mis à la disposition du public dans le Registre public des espèces en péril.

Il y a maintenant 565 espèces inscrites aux diverses catégories de risque du COSEPAC, y compris 235 espèces en voie de disparition, 143 espèces menacées, 152 espèces préoccupantes et 22 espèces disparues du pays (c.-à-d. on ne les trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, 13 espèces sont disparues et 45 espèces font partie de la catégorie données insuffisantes.

Le COSEPAC est composé de membres provenant de chaque organisme responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, Pêches et Océans Canada et le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des Sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones.

Définitions de la terminologie et des catégories de statut du COSEPAC :

Espèce sauvage : Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D) : Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP) : Espèce sauvage qu’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada, mais qu’on trouve ailleurs.
En voie de disparition (VD) : Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M) : Espèce sauvage susceptible de devenir « en voie de disparition » si rien n’est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire disparaître.
Préoccupante (P) : Espèce sauvage qui peut devenir « menacée » ou « en voie de disparition » en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP) : Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI) : Catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce sauvage à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce sauvage.
Espèce en péril : Espèce sauvage qui a été évaluée comme étant disparue du pays, en voie de disparition, menacée ou préoccupante.

Dr. Jeffrey Hutchings
Président, COSEPAC
Department of Biology
Dalhousie University
Téléphone (1) : 902-494-2687
Telephone (2) : 902-494-3515
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Questions d’ordre général :
Secrétariat du COSEPAC
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boul. St-Joseph, 16e étage
Gatineau (Québec) K1A 0H3
Téléphone : 819-938-4125
Télécopieur : 819-938-3984
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Cosepac
Questions sur les oiseaux :
Richard Cannings
1330 East Debeck Road
R.R. 1, Site 11-Comp. 96
Naramata BC V0H 1N0 Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Questions sur les mammifères :
Dr. Marco Festa-Bianchet
Département de biologie
Université de Sherbrooke
Telephone: (819) 821-8000 ext. 62061
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Questions sur les arthropodes (insectes et autres groupes taxonomiques connexes) :
Dr. Paul Catling
Research Scientist and Curator
Central Experimental Farm
Telephone: (613) 759-1373
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Questions sur les plantes :
Dr. Erich Haber
Telephone: (613) 435-0216
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Questions sur les grenouilles :
Dr. David Green
Redpath Museum
McGill University
Telephone: (514) 398-4086 ext. 4088
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Questions sur les serpents :
Dr. Ronald Brooks
Department of Zoology
University of Guelph
Telephone: (519) 824-4120 ext. 53944
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Questions sur les lichens :
Dr. René Belland
Devonian Botanic Garden
University of Alberta
Telephone: (780) 987-3054
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À propos de nous

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est un comité consultatif indépendant qui agit auprès de la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique et qui se réunit deux fois par année pour évaluer la situation des espèces sauvages menacées de disparition. Ses membres, des experts de la biologie des espèces sauvages provenant du milieu universitaire, de la fonction publique, d’organisations non gouvernementales et du secteur privé, sont chargés de désigner les espèces sauvages qui risquent de disparaître du Canada.

Secrétariat du COSEPAC

Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boul. St-Joseph, 16e étage
Gatineau Québec K1A 0H3

Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca