Dix ans plus tard : le rétablissement des espèces en péril au Canada est encore difficile à atteindre

Deux oiseaux considérés comme étant extrêmement rares au Canada ont tous deux été réévalués « en voie de disparition » malgré des initiatives de rétablissement. Le Pic à tête blanche et le Moqueur des armoises représentent seulement deux des 52 espèces sauvages canadiennes pour lesquelles le risque de disparition ou de disparition du pays a été évalué par le COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada) lors de sa réunion à Ottawa du 22 au 26 novembre 2010. Des 32 espèces qui ont été évaluées après 10 ans, tel que requis par la Loi sur les espèces en péril, seulement 4 d’entre elles ont été réévaluées comme étant moins en péril.

Moins de 100 individus du spectaculaire Pic à tête blanche nichent dans le sud-est de la Colombie-Britannique. Cet oiseau dépend de forêts matures de pins ponderosas, lesquelles continuent de subir un déclin en raison d’importants incendies et des infestations du dendroctone du pin ponderosa. Encore plus rare est le Moqueur des armoises. Bien que l’espèce n’ait jamais été commune en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Saskatchewan, l’ensemble de la population canadienne de ce petit oiseau chanteur brun au Canada se situe entre sept et 36 individus. La perte d’habitat d’armoise argentée, utilisée pour la nidification, est sans aucun doute responsable pour les déclins de cet oiseau au Canada.

Photo @ Jared Hobbs

Bien que des efforts accrus pour effectuer un inventaire des plantes rares en Ontario aient mené à des estimations de population plus importante pour l’iris lacustre, la dégradation de l’habitat afflige toujours les espèces ayant une aire de répartition extrêmement limitée dans la région des Grands Lacs de l’Ontario et du Québec. Deux petites orchidées, soit le triphore penché qui a été évalué « en voie de disparition » et le liparis à feuilles de lis, une espèce « menacée », sont très vulnérables aux altérations continues de l’habitat causées par des plantes envahissantes, des vers de terre introduits et l’aménagement des terres. La gentiane blanche, une espèce « en voie de disparition », est une grosse plante vivace remarquable et connue pour ses utilisations médicinales traditionnelles. Elle existe maintenant seulement comme une seule petite population dans le sud de l’Ontario où la Première nation de Walpole Island protège son habitat de savane contre la dégradation.

Deux poissons canadiens iconiques en péril

Le saumon atlantique, l’un des poissons marins, à l’échelle mondiale, les plus communément élevés en pisciculture, a connu des déclins à l’état sauvage, particulièrement dans les parties sud de son aire de répartition canadienne. Malgré toutes les activités en cours pour reconstituer les stocks, une population dans le sud de Terre-Neuve a été désignée « menacée », et cinq populations dans la baie de Fundy, au large de la Nouvelle-Écosse et de l’île d’Anticosti ont été évaluées « en voie de disparition ». L’unique population du lac Ontario a été considérée comme étant « disparue ». Vers le nord, la situation n’est pas aussi grave. Les populations dans le golfe du Saint-Laurent ont été évaluées comme étant « préoccupantes » et trois des populations se trouvant le plus au nord au Canada ont été considérées « non en péril ». Des rivières relativement intactes ainsi qu’une gestion améliorée des pêches expliquent sans doute l’abondance variant de stable à croissante de ces populations septentrionales.

Les connaissances traditionnelles autochtones ont contribué de façon significative à la compréhension de la biologie et des menaces liées au Dolly Varden, un poisson ressemblant à une truite et revêtant une grande importance pour les peuples de l’ouest de l’Arctique. Malgré la santé relative de ces populations, les changements climatiques constituent un important risque pour l’espèce. Ce facteur, en plus de la vulnérabilité de ce poisson aux impacts sur l’habitat et à la pression exercée par la pêche, a mené à une désignation d’espèce « préoccupante ».

La moule zébrée menace maintenant les espèces à l’ouest du 100e méridien

La gonidée des Rocheuses est une grosse moule d’eau douce notable se trouvant dans le bassin hydrographique du lac Okanagan. Son aire de répartition limitée jumelée à la menace de la moule zébrée, une espèce envahissante, ainsi qu’un aménagement croissant des rives, ont augmenté le niveau de risque pour cette espèce, ce qui a mené à une désignation « en voie de disparition » plutôt qu’à sa désignation précédente, soit « préoccupante ».

Une certaine dose d’optimisme

Le cas de la grande raie suscite un certain optimisme. Ce grand poisson marin distinctif a subi de graves déclins de population et a été, pour ainsi dire, introuvable dans les eaux canadiennes pendant deux décennies. Une pression de pêche réduite a contribué à d’importantes augmentations chez la grande raie depuis les années 1990. Même si cette raie n’est pas entièrement rétablie à ses niveaux historiques, l’espèce a été évaluée « non en péril ».

Prochaine réunion

La prochaine réunion d’évaluation des espèces sauvages du COSEPAC se tiendra du 1er au 6 mai 2011, à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

À propos du COSEPAC

Le COSEPAC évalue la situation des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres principales unités de la biodiversité à l’état sauvage considérées comme étant en péril au Canada. Pour ce faire, le COSEPAC se sert de connaissances scientifiques, traditionnelles autochtones, ou des collectivités, lesquelles sont fournies par de nombreux spécialistes provenant des gouvernements, des universités et d’autres organismes. Les sommaires d’évaluations sont actuellement à la disposition du public sur le site Web du COSEPAC et seront transmis à l’automne 2011 au ministre fédéral de l’Environnement pour une considération de l’inscription en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). À compter de cette date, les rapports de situation et les sommaires du statut seront mis à la disposition du public dans le Registre public des espèces en péril.

Il y a maintenant 617 espèces sauvages inscrites aux diverses catégories de risque du COSEPAC, y compris 270 espèces en voie de disparition, 153 espèces menacées, 172 espèces préoccupantes et 22 espèces disparues du pays (c.-à-d. on ne les trouve plus à l’état sauvage au Canada). En plus de ces espèces sauvages inscrites aux catégories de risque du COSEPAC, 14 espèces sont désignées comme étant disparues.

Le COSEPAC est composé de membres provenant de chaque organisme responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, Pêches et Océans Canada et le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des Sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones.

Définitions de la terminologie et des catégories de statut du COSEPAC :

Espèce sauvage : Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D) : Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)1 : Espèce sauvage qu’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada, mais qu’on trouve ailleurs.
En voie de disparition (VD)1 : Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)1 : Espèce sauvage susceptible de devenir « en voie de disparition » si rien n’est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire disparaître.
Préoccupante (P)1 : Espèce sauvage qui peut devenir « menacée » ou « en voie de disparition » en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP) : Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI) : Catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce sauvage à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce sauvage.
Espèce en péril : Espèce sauvage qui a été évaluée comme étant disparue du pays, en voie de disparition, menacée ou préoccupante.

Marty L. Leonard (Ph.D.)
Présidente, COSEPAC
Department of Biology
Dalhousie University
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Questions d’ordre général :
Secrétariat du COSEPAC
Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boul. St-Joseph, 16e étage
Gatineau (Québec) K1A 0H3
Téléphone : 819-938-4125
Télécopieur : 819-938-3984
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Cosepac
Questions sur les connaissances traditionnelles autochtones (Dolly Varden, gentiane blanche) :
Henry Lickers
Mohawk Council of Akwesasne
Department of the Environment
Téléphone: (613) 936-1548
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Questions sur les mammifères marins (otarie à fourrure du Nord) :
Jane Watson (Ph.D.)
Vancouver Island University
Téléphone: (250) 753-3245 local 2317
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Questions sur les mammifères terrestres (taupe à queue glabre, chauve-souris blonde, campagnol sylvestre) :
Justina C. Ray (Ph.D.)
Executive Director and Senior Scientist
Wildlife Conservation Society Canada
Téléphone: (416) 850-9038 x 22
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Questions sur les oiseaux (Effraie des clochers, Paruline azurée, Moqueur des armoises, Pic à tête blanche) :
Jon McCracken
Bird Studies Canada
Téléphone: 519-586-3531 (ext. 115)
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Questions sur les amphibiens et reptiles (couleuvre à petite tête, salamandre de Jefferson, crotale des bois) :
Ronald J. Brooks (Ph.D.)
College of Biological Science
University of Guelph
Téléphone: (519) 836-8817
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Questions sur les poissons d’eau douce (corégone de l’Atlantique, lamproie brune, chabot du Columbia, Dolly Varden, meunier des montagnes, chabot à tête courte) :
Eric B. (Rick) Taylor (Ph.D.)
Department of Zoology
University of British Columbia
Téléphone: (604) 822-9152
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Question sur les poissons marins (saumon atlantique, grande raie) :
Paul Bentzen (Ph.D.)
Department of Biology
Dalhousie University
Téléphone: (902) 494-1105
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Questions sur les arthropodes (insectes et groupes taxinomiques connexes) (gomphe ventru) :
Paul Catling (Ph.D.)
Agriculture Canada
Téléphone: (613) 759-1373
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Questions sur les mollusques (gonidée des Rocheuses) :
Robert Forsyth
Téléphone: (250) 847-6699
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Questions sur les plantes (verge d’or voyante, iris lacustre, triphore penché, chardon de Pitcher, liparis à feuille de lis, lotier splendide, gérardie de Skinner, gentiane blanche) :
Dr. Erich Haber
Téléphone: (613) 435-0216
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Questions sur les lichens (dégélie plombée, collème bâche, brotherelle de Roell) :
René Belland (Ph.D.)
Devonian Botanic Garden
University of Alberta
Téléphone: (780) 987-3054 ext. 2240
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En 2010, l’Année internationale de la biodiversité des Nations Unies, les gens d’un peu partout dans le monde joindront leurs efforts pour contrer la perte rapide et répandue de la biodiversité. Aussi, durant toute l’année, les communautés célébreront la merveilleuse diversité de la vie sur la planète.


(1) Signifie une catégorie de risque du COSEPAC

À propos de nous

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est un comité consultatif indépendant qui agit auprès de la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique et qui se réunit deux fois par année pour évaluer la situation des espèces sauvages menacées de disparition. Ses membres, des experts de la biologie des espèces sauvages provenant du milieu universitaire, de la fonction publique, d’organisations non gouvernementales et du secteur privé, sont chargés de désigner les espèces sauvages qui risquent de disparaître du Canada.

Secrétariat du COSEPAC

Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
351, boul. St-Joseph, 16e étage
Gatineau Québec K1A 0H3

Téléphone : 819-938-4125
Télécopieur : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca